Un peu d'histoire...

Le retour des corps des soldats Morts pour la France

De la fosse collective à la tombe individuelle

Que deviennent les corps des soldats tués au combat lors d'importantes batailles ? Qu'ils tombent sur le sol de leur patrie ou sur une terre étrangère, il est fréquent qu'ils soient enterrés dans l'urgence, modeste tombe isolée ou sépulture collective. Cet emplacement, s'il n'est pas explicitement signalé, disparaît rapidement, comme lorsqu'un agriculteur reprend possession de son champ.
L'épopée napoléonienne envoie les contingents français aux quatre coins de l'Europe. Il est de coutume de rendre les honneurs à un général mort au combat. Ainsi l'Arc de Triomphe de Paris porte gravés les noms des généraux et maréchaux de l'Empire.

On se soucie moins des soldats. En décembre 2012, 110 corps sont découverts lors de terrassements, en Biélorussie. Plus récemment, en septembre 2015, 200 squelettes de grognards sont trouvés lors de travaux, en Allemagne. Alertés, des historiens se rendent sur place et, grâce aux boutons d'uniforme, identifient des grognards de la Grande Armée.
Plus proche de nous, la guerre dite franco-prussienne a connu, elle aussi, sont lot de batailles. La paix revenue, la France regroupe les corps des soldats des deux camps. L'état des dépouilles rend les reconnaissances difficiles et, si 37 859 Français et 21 876 Allemands sont formellement identifiés, les autorités avouent ignorer la nationalité des combattants pour 27 661 tombes.

Ne pouvant honorer individuellement chaque combattant, l'Etat bâtit des monuments. Sur notre département, pour la guerre franco prussienne, il y a une petite vingtaine de stèles, de plaques ou de statuts commémoratives. A Bergerac, se trouve le monument des Mobiles de la Dordogne, ces réservistes qui ont remporté la bataille de Coulmiers en 1870. Il existe aussi, à Monpazier un monument mais il rend hommage aussi bien aux combattants morts qu'aux vivants.
Arrive la Grande Guerre. Les combattants portent désormais une plaque d'identité militaire qui sert à leur identification post-mortem. En juillet 1916, il y aura deux plaques. L'une reste avec le corps, l'autre est remise aux autorités responsables de l'enterrement. On passe ainsi de la tombe commune à la sépulture individuelle. Les militaires qui tombent au front sont enterrés à l'endroit des combats. Parfaitement identifiés ils vont, au lendemain de la guerre, être exhumés et rassemblés dans de vaste nécropole comme celle de Douaumont ou Notre-Dame de Lorette.
A ce moment-là, il n'est pas possible de ramener les corps dans leur commune.